
Prémonition : Le Premier Président De la République de Côte d’Ivoire feu Félix Houphouêt-Boigny disait ceci « Si nous nous engageons dans le multipartisme, il y aura un parti Baoulé, un parti Bété, un parti Gouro, Nous voulons d’abord être Ivoiriens. ». C’était brutal, mais lucide. Lui qui a été combattu par ses parents, frères et sœurs baoulé avant même d’être porté par les nordistes.. Feu le Président Félix Houphouët-Boigny avait vu juste : aujourd’hui, Le Pdci ce parti qui fut jadis la colonne vertébrale du rêve républicain ivoirien, est en train de se transformer en royaume baoulé déguisé en formation politique avec un lignage matriarcal (Régime d’organisation sociale dans lequel la femme joue un rôle politique prépondérant), la République n’en a cure mais sachez qu’elle agit de façon froide et déterminée car l’objectif c’est que le peuple de Côte d’Ivoire fasse NATION pour le bonheur de tous.
Je viens d’apprendre, non sans un rire jaune, que des chefs coutumiers baoulé se seraient réunis pour désigner, sans détour ni débat, “leur candidat” pour la présidentielle : ce serait Thiam ou rien.
Un choix tribal, coutumier, presque sacré.
Une décision digne d’un cercle royal Akan, mais certainement pas d’un parti politique censé porter l’héritage du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne.
Si cette information se confirme, c’est plus qu’une erreur stratégique.
C’est un sacrilège politique, un parjure républicain, une déclaration de sécession mentale vis-à-vis de l’idéal ivoirien.
Je m’explique.
Houphouet-Boigny Félix, que l’on cite à tout bout de champ sans jamais l’écouter vraiment, avait refusé le multipartisme à l’époque, non par amour du pouvoir personnel (encore que…), mais par peur du tribalisme. I
ll l’a dit lui-même, de façon claire, sans vernis : « Si nous nous engageons dans le multipartisme, il y aura un parti Baoulé, un parti Bété, un parti Gouro…
Nous voulons d’abord être Ivoiriens. »
C’était brutal, mais lucide.
Visionnaire même. Parce qu’aujourd’hui, on n’a même plus besoin du multipartisme pour voir se reconstruire ce que Houphouët craignait le plus….
Une Côte d’Ivoire morcelée par les lignages, fragmentée par les totems, et dominée par les caprices des chefferies villageoises.
Le Pdci ce parti qui fut jadis la colonne vertébrale du rêve républicain ivoirien, est en train de se transformer en royaume baoulé déguisé en formation politique.
On y parle de sang, de lignée, de “fils du terroir”, de succession royale, mais plus jamais de projets, d’institutions, ou de République.
Ironie du sort, celui qu’on brandit comme l’héritier légitime, TIDIANE THIAM est précisément celui que Houphouët lui-même appelait dans une vidéo « le fils du sang étranger ».
Son père, Amadou Thiam, fut traité de Sénégalais infiltré par ce même système tribal baoulé, qui aujourd’hui en fait un prince.
Quel retournement théâtral !
J’observe ça avec consternation.
Parce qu’à ce rythme, le PDCI va droit vers l’implosion.
Si l’équation, c’est “Thiam ou rien”, alors ce sera “rien”.
Parce qu’on ne construit pas une nation sur le ressentiment tribal, l’orgueil ethnique, ou les illusions de royauté lignagère.
On ne gouverne pas un peuple de plus de 60 ethnies avec les codes d’un village sacré Akan.
La Côte d’Ivoire n’est pas un royaume.
Elle n’est pas baoulé.
Elle n’est pas dioula.
Elle n’est pas bété.
Elle est plurielle, mosaïque, complexe, indocile et rebelle.
Elle ne se plie pas aux injonctions d’un conseil de chefs.
Et elle ne se donne pas à un candidat parce qu’il a du sang bleu ou un patronyme validé par le totem. La Côte d’Ivoire n’appartient à personne.
Elle est à tout le monde.
Et si certains veulent la reconquérir à coups de toges royales, de rituels d’allégeance et de pactes villageois, ils vont se heurter à la force sourde de la République.
Une République épuisée, tolérante, cicatrisée, mais encore debout.
Quant à ceux qui agitent la mémoire d’Houphouët-Boigny, comme une amulette sacrée, je leur dis ceci : il serait très furieux aujourd’hui.
Lui qui a été trahi par les siens.
Lui qui a été combattu par ses parents, frères et sœurs baoulé avant même d’être porté par les nordistes.
Lui qui a vu des hommes comme Djeny Kobena, Lamine Diabaté, Hyacinthe Sarassoro, Jacqueline Oble, etc., être jetés comme des malpropres après sa mort, car ils ne rentraient plus dans les cases de la pureté ethnique.
Et maintenant, on ose parler de succession ?
Mais où étiez-vous quand le PDCI perdait tout ?
Où étiez-vous quand la démocratie agonisait, bâillonnée par le cynisme tribal ?
Vous étiez muets. Absents.
Silencieux comme des pierres tombales.
Et maintenant que vous avez “votre prince”, vous redressez la tête comme si le trône vous appartenait.
Réveillez-vous !
La démocratie ne se plie pas aux lois de la chefferie.
La République ne reconnaît pas les héritiers du sang.
Et l’histoire ne pardonne jamais ceux qui trahissent leurs fondations.
Si Thiam est votre roi, très bien.
Mais sachez qu’il n’est pas le roi de la Côte d’Ivoire.
Ce pays ne veut pas de rois.
Il veut des serviteurs.
Il veut des idées.
Il veut du courage.
Et moi, je veux croire malgré tout que le peuple baoulé, qui a donné à la Côte d’Ivoire l’un de ses plus grands bâtisseurs, ne renoncera pas à la République pour un trône imaginaire.
Signé : MO Hamed, patriote intransigeant au service de la vérité affranchi des dogmes. [Facebook]