La paix n’est pas un vain mot, mais un comportement. La paix, la seconde religion de la Côte d’Ivoire. Ces phrases de Félix Houphouët-Boigny, premier président ivoirien, ont encore traversé les esprits, ce samedi 15 novembre 2025. Jour consacrée à la célébration de cet idéal social, qui désigne un état de calme, de tranquillité ou d’absence de troubles.
Le peuple ivoirien est un peuple épris de paix à l’origine. Cela se comprend mieux, en interrogent l’Histoire.
Instituée en 1996, la Journée nationale de la paix est depuis, un moment fort du calendrier républicain de la Côte d’Ivoire. La Journée nationale de la paix, édition 2025, célébrée, le samedi 15 novembre dernier, a une signification particulière. Elle se situe entre deux dates importantes.
Le samedi 25 octobre passé, jour de l’élection présidentielle et le samedi 27 décembre prochain, date fixée pour la tenue d’une autre consultation électorale, celle des législatives.
Le 15 novembre, en Côte d’Ivoire, est un jour de souvenir, un jour pour magnifier un climat de tranquillité, de calme : la paix.
La paix, il faut le reconnaître, est la matière première de tout climat propice au développement. Elle favorise la prospérité en créant un environnement stable pour les actions de développement.
La paix apporte des bienfaits personnels comme la réduction du stress et l’amélioration de la gestion émotionnelle.
Les vertus de la paix incluent l’harmonie, le respect mutuel, la tolérance et la compréhension entre les individus et les groupes.
Elle se manifeste par des qualités individuelles comme la compassion, la confiance et la bienveillance, tout en nécessitant une action constructive pour résoudre les conflits et bâtir des relations durables.
L’on peut aisément comprendre l’engagement des autorités ivoiriennes à maintenir cet environnement de calme, bénéfique à tous égards.
Le peuple ivoirien aime la tranquillité. Qui aime le calme, se donne du coup, les moyens d’apprécier les bons moments de la vie.
Il y a eu plus de peur que de mal, lors de l’élection présidentielle. C’est qu’au final, malgré les velléités marginales de troubles, la grande majorité de la population a compris que les défis du quotidien ne se relèvent que dans un climat de paix. La paix est un idéal social.
Les Ivoiriens l’ont en partage. Pour simplifier, on dira que c’est dans leur sang.
Le comprendre invite à questionner l’histoire du peuplement de la Côte d’Ivoire.
L’histoire la plus populaire est celle du peuple akan, avec les Baoulé, Agni, etc.
Venant du royaume Ashanti, au Ghana. Lorsque des conflits dynastiques et des guerres d‘expansion éclatent dans ce royaume, un groupe conduit par la reine Abla Pokou fuit les conflits internes pour s’installer à l’Est (Aboisso, Abengourou) et au Centre du pays (Bouaké, Yamoussoukro).
Les Mandé du Nord (Malinké, Dioula), eux, doivent faire face aux conséquences de l’effondrement de l’empire du Mali.
Face aux guerres entre royaumes et à la sécheresse, les Malinké migrent vers le Nord-Ouest (Odienné, Kaniasso) pendant que les Dioula installent des comptoirs commerciaux dans plusieurs zones.
Pour leur part, les Sénoufo et Tagbana, face à la pression des royaumes guerriers (Samory Touré) et à la recherche de terres fertiles, occupent le Nord (Korhogo, Ferké, Katiola), à partir des zones frontalières malienne et burkinabé.
Les Krou (Bété, Dida, Wê, etc.), sont confrontés aux conflits internes au Liberia (avant la colonisation).
Une situation qui crée des famines car leur principale activité qu’est l’agriculture est menacée. C’est à la recherche de nouvelles terres agricoles, qu’ils se retrouvent dans le Sud-Ouest (Daloa, Gagnoa, Guiglo, San Pedro).
Il y a aussi les Lobi et Gour venant du Ghana, du Burkina Faso et du Mali.
Ces migrants s’installent dans le Nord-Est ivoirien (Bouna, Bondoukou). Se mettant à l’abri des guerres locales, de la pression démographique et de la sécheresse.
Le dénominateur commun de tous ces mouvements migratoires vers la Côte d’Ivoire est, sans nul doute, la fuite des zones de conflit.
Loin d’être des poltrons, ce sont plutôt, des peuples à la conquête de territoires paisibles. Rappelons-nous « Salut ô terre d’espérance. Pays de l’hospitalité ».
Des pacifistes doublés de travailleurs conscients. C’est-à-dire à la recherche de terres cultivables pour leur subsistance.
La paix est dans l’Acide désoxyribonucléique (Adn) de l’Ivoirien. Cette molécule qui contient toutes les informations génétiques de chaque être humain.
Le peuple ivoirien est pacifique et hospitalier à la naissance.
La constitution de ce peuple, venu du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest est synonyme d’un rassemblement de tribus qui estiment que la paix est une condition obligatoire à toute évolution humaine.
Les troubles que le pays a connus sont des fractures dans le parcours du bateau ivoire.
Très vite, les populations se rendent compte que ce sont des attitudes à bannir. En effet, aujourd’hui, il n’y a plus d’espace de repli.
Tous les territoires sont occupés. Nous ne pouvons plus fuir pour nous installer ailleurs et composer une autre Côte d’Ivoire.
Les territoires sont délimités. Le temps des guerres est terminé. C’est pourquoi la communauté de destin impose de faire face aux réalités internes, dans un climat de calme.
Ce, pour constituer une force unique, qui relève les défis internes du développement et du bien-être de chaque habitant et ceux externes du concert des nations.
Que la paix triomphe dans le cœur de chaque habitant de ce pays.