La rébellion n’est pas un mystère. C’est un verdict. À l’attention des amnésiques soudains et des enfants de la dernière pluie…
Avant de dégainer vos claviers tremblants et vos langues sans mémoire pour sanctifier la rébellion ou sanctifier LAURENT GBAGBO comme un élu du peuple osez d’abord ouvrir les livres, pas vos bouches.
Car la Côte d’Ivoire n’est pas née entre deux bulletins de vote trafiqués ni dans les vapeurs de poudre d’un coup d’État manqué. Elle a une histoire. Une douleur. Une mémoire. Des charniers. Des cris. Du sang. Des silences complices.
Ceux qui prétendent aujourd’hui que GBAGBO fut l’élu d’un peuple sont les mêmes qui piétinent les cadavres de YOPOUGON, ferment les yeux sur les corps jetés dans la lagune Ébrié, et rient encore des veuves de BLOCKHAUS.
À force de frapper à la porte du Diable, GBAGBO a fini par en devenir le portier.
À l’ombre du Mal, il n’y a ni repos, ni répit, ni oubli seulement la dette.
Car l’Histoire ne pardonne pas l’imposture.
Elle observe.
Elle attend.
Et quand vient le temps, elle frappe comme la foudre sur l’arbre pourri.
Et à ceux qui sont nés hier, nourris au biberon de la désinformation et du révisionnisme numérique, sachez-le : Un mensonge répété mille fois ne devient pas vérité il devient une trahison de plus.
Avant de parler de rébellion, commencez par parler des causes. Des refus. Des humiliations constitutionnelles.
Des exclusions ethniques. De l’arrogance criminelle du pouvoir de GBAGBO .
Car on ne plante pas des graines de haine sans récolter des tempêtes.
Laurent GBAGBO n’a pas été rattrapé par ses ennemis : il a été avalé par ses propres démons.
Et aujourd’hui, ses partisans, dans leur comédie macabre, voudraient nous faire oublier ? Non.
On n’oublie pas les nuits de feu. On n’oublie pas les larmes.
On n’oublie pas les morts. La mémoire n’est pas une opinion.
C’est un devoir.
L’Histoire retiendra que la rébellion armée de 2002 n’est pas un accident, ni un coup de force arbitraire.
Elle est l’expression ultime, brutale et tragique, d’un écroulement de l’ordre républicain, provoqué par un régime qui a trahi la Constitution, méprisé la loi, piétiné les droits humains et fracturé le tissu national par une gouvernance fondée sur l’exclusion, l’idéologie ethno-nationaliste et la terreur d’État.
Entre 2000 et 2002, le régime de GBAGBO LAURENT a commis une série de crimes politiques, constitutionnels et humains qui doivent être aujourd’hui requalifiés, sans détour, comme crimes d’État et crimes contre l’humanité.
En octobre 2000, LAURENT GBAGBO accède à la présidence dans un contexte chaotique, que lui-même
il qualifiera de calamiteux après que le général ROBERT GUEÏ ayant été accusé par GBAGBO d’avoir truqué l’élection, et poussé par GBAGBO à fuir le palais présidentiel sous la pression des militaires sous la houlette de GBAGBO. GBAGBO sans attendre la CEI et le conseil constitutionnel se proclame alors président, sans que l’élection ait été reconnue comme conforme ni par l’opposition ni par les observateurs internationaux.
Mais surtout, la Constitution de 2000 a été rédigée et manipulée dans un esprit de vengeance politique.
Elle introduit l’article 35, qui exige que le candidat à la présidence soit “ivoirien de père et de mère”, excluant délibérément Alassane Ouattara, sous prétexte de nationalité “incertaine”.
Cette disposition est une violation flagrante des principes fondamentaux d’égalité devant la loi et de non-discrimination édictés par la Constitution ivoirienne elle-même, la Charte africaine des droits de l’Homme, et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Le RDR, principal parti d’opposition, voit ses candidats massivement disqualifiés. Le Conseil Constitutionnel devient un outil de guerre politique.
Résultat : l’Assemblée nationale issue de ces élections est monocolore et illégitime, fondée sur l’exclusion, pas sur le suffrage universel.
C’est un verrouillage institutionnel total.
Le 26 octobre 2000, alors que la tension est à son comble, des partisans du RDR sont pris pour cibles par des éléments proches du FPI dans le quartier de BLOCKHAUS . Résultat : six morts par balles, tués de manière préméditée et ciblée. Les enquêtes sont bâclées, les preuves détruites, les familles intimidées.
C’est là le premier signal d’un pouvoir qui autorise, voire orchestre, la liquidation physique de l’opposition.
Dix-sept corps ligotés, mutilés, visiblement torturés, sont retrouvés dans un terrain vague de Yopougon
Ces corps sont identifiés comme des opposants politiques.
LAURENT GBAGBO nie.
Son gouvernement sabote l’enquête.
Les témoins sont harcelés.
En droit pénal international, cela s’apparente à un crime contre l’humanité : assassinat systématique de civils en raison de leur appartenance politique ou ethnique, perpétré dans un cadre organisé.
Août 2002.
À quelques semaines du soulèvement armé, 18 corps sont repêchés dans la lagune Ébrié. Tous portent des traces de ligotage, certains sont mutilés, d’autres méconnaissables.
Le ministère de l’Intérieur tente de classer l’affaire. Mais les témoins, les riverains, les familles des disparus parlent.
Il y a une machine d’extermination lente à
Abidjan.
Un escadron de la mort officieux.
Une milice de l’ombre sous couverture présidentielle.
LAURENT GBAGBO ne se contente pas d’avoir l’armée.
Il crée une milice civile paramilitaire : les Jeunes Patriotes, encadrés par Charles Blé Goudé.
Leur rôle ?
Réprimer, menacer, traquer, harceler.
Leur cible ? Nordistes, musulmans, membres du RDR, journalistes critiques, femmes, enfants.
Ils brûlent des domiciles, attaquent des mosquées, fouillent les identités, tuent au faciès.
Tout cela sous le regard bienveillant du pouvoir.
En droit international, cette stratégie est assimilée à une politique d’apartheid et de purification ethnique à visée politique.
Le régime Gbagbo installe une hiérarchie ethno-politique au cœur de l’administration, des forces de sécurité, des nominations.
Les Ivoiriens du Nord sont écartés des concours, des postes clés, de la nationalité parfois.
On leur demande “leurs papiers” dans leur propre pays.
Cela crée un sentiment d’humiliation, de dépossession, de colère chez des millions de citoyens.
La rébellion viendra de cette fracture profonde.
Le régime FPI-FRONT POPULAIRE IVOIRIEN ne répare rien.
L’économie est paralysée.
La dette explose.
L’emploi s’effondre.
Les jeunes, sans avenir, sont enrôlés dans des milices ou se tournent vers la violence.
La fracture sociale devient fracture territoriale.
Le pays se délite dans l’indifférence d’un pouvoir obsédé par le contrôle idéologique et la propagande.
En septembre 2002, des soldats exilés, des jeunes marginalisés, des citoyens abandonnés aux violences de l’État, prennent les armes.
Ce soulèvement n’est pas un coup d’État.
C’est une insurrection de la dignité, née de la répression, de l’humiliation et du sang versé.
Le régime GBAGBO est directement responsable, non seulement par ses crimes, mais surtout par sa stratégie de division, d’exclusion et de violence d’État systémique.
Avec des arrangements sordides, GBAGBO a échappé à la justice des hommes mais pas à la justice divine.
Car ne pas reconnaître ces crimes, c’est dire aux victimes que leur sang n’a pas de valeur.
C’est autoriser d’autres dictateurs à recommencer.
C’est trahir la Constitution, la morale, et l’Histoire.
Il ne s’agit pas de vengeance, mais de justice. LAURENT GBAGBO a détruit la Côte d’Ivoire, non pas avec des armes, mais avec une idéologie de mort. Il ne mérite ni réhabilitation politique ni compassion historique.
Il mérite d’être jugé, à la hauteur de ses actes.
Signé : MO Hamed, patriote intransigeant au service de la vérité affranchi des dogmes.