
Dans une déclaration du 11 mars 2025, la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire se prononce sur la présidentielle d’octobre prochain. Nous ne nous prononçons pas sur l’appel à certaines institutions et différentes composantes de la société, même si nous aurions quelques réserves à y oppose.
Par contre un passage du contexte historique contenu dans la déclaration des évêques ivoiriens est un ramassis d’affabulation. Selon le prélat. on a connu auparavant, et je cite 35 années, des pratiques politiques ponctuées de dialogue pour la sauvegarde du bien commun et la recherche d’un État de droit. Malheureusement, a écrit l’épiscopat, ces dernières décennies ont été centrées sur une politique taillée sur mesure et au profit d’intérêts partisans. Fin de citation.
Cette affirmation de l’Église catholique est mensongère à plusieurs égards. D’une part, l’impression qu’on voudrait donner que les différents ont toujours été résolus par le dialogue jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara est inexacte.
Les dignitaires du catholicisme ivoirien semblent être frappés d’une forme d’amnésie collective qui leur a fait oublier l’épisode de l’ivoirité. Cette politique au départ mise en place pour exclure Alassane Ouattara de l’espace politique.
Qui s’est ensuite généralisé à toute la communauté du Nord de la Côte d’Ivoire, considéré subitement comme des Ivoiriens à la citoyenneté douteuse.
Ces Ivoiriens du Septentrion ont le malheur de partager parfois les mêmes patronymes que les populations du Mali, de la Guinée ou encore du Burkina Faso. S’il y avait eu dialogue comme l’affirme dans un message éhonté, l’Église catholique, il n’y aurait pas une guerre civile et les ravages de l’ivoirité ont bénéficié du silence complice de l’Église catholique, par ailleurs affirmé qu’aujourd’hui on assiste à une politique taille sur mesure au profit d’intérêts partisans est là aussi une contre-vérité du prélat.
Car si, comme ailleurs, l’actuel régime ne pensait qu’à ses propres intérêts, Alassane Ouattara n’aurait pas permis le retour en Côte d’Ivoire de ses farouches opposants, dont les plus connus sont Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.
À son prédécesseur, il a même accordé tous les avantages financiers, sécuritaires et protocolaires dus à un ancien chef d’État, avec un rappel sur toute la période pendant laquelle il était en jugement à la CPI.
Ensuite, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été graciés, alors que Simone Gbagbo et 800 autres prisonniers de la crise post électorale de 2010-2011 bénéficiaient d’une amnistie totale.
Il ne s’agit pas là de l’attitude d’un régime qui ne se soucient que des intérêts partisans, puisqu’il aurait plus avantage à laisser ses opposants croupir en prison ou en exil pour ceux qui s’y trouvaient.
Qu’on se comprenne bien, la question n’est pas ici de savoir si l’Église catholique a le droit de donner son point de vue sur la marche de la nation, composante importante de nos sociétés.
Les religions sont tout à fait dans leur rôle lorsqu’elles interpellent la classe politique et les dirigeants.
On a même connu ailleurs en Afrique, des chefs de l’Église catholique célèbrent pour leur engagement dans la défense de la démocratie de façon totalement impartiale, Monseigneur Isidore de Souza du Bénin, Laurent Monsengwo Pasinya de la République Démocratique du Congo, Christian Tumi du Cameroun ou encore Monseigneur Philippe Fanoko Kossi Kpodzro constraint à l’exil, par le régime de Faure Gnassingbé, en Suède où il a fini par s’éteindre en janvier 2024.
Dans l’espace Francophone Africain s’il y a un épiscopat qui s’illustre par son engagement, c’est bien celui de la République Démocratique du Congo (RDC) à travers sa très active (CENCO),la Conférence Episcopale Nationale du Congo.
S’il n’hésite pas à aller jusqu’à des manifestations de rue, pour contraindre les autorités au respect des règles démocratiques, le prélat congolais est toujours resté impartial, s’opposant à tous les régimes sans exception depuis l’indépendance.
Ce n’est malheureusement pas le cas en Côte d’Ivoire, où le leadership de l’Église catholique semble avoir choisi son camp en se rangeant du côté de l’opposition seulement, depuis qu’un Musulman est au pouvoir.
Dans ce pays, quelques prêtres et évêques se sont parfois isolement dans des homélies, exprimés pour dénoncer les dérives des pouvoirs passés.
Mais nous avons fouillé dans notre mémoire et dans quelques archives, sans jamais trouver la moindre sortie officielle de l’Église catholique contre le régime ivoiritaire d’Henri Konan Bédier ou durant les 10 années du règne sanguinaire de Laurent Gbagbo.
En 1995, Alassane Ouattara est empêché de se présenter à la présidentielle sous des motifs fallacieux.
Laurent Gbagbo s’est joint à lui pour appeler au boycott actif du scrutin (car ce dernier avait rouler dans la farine ces acolytes feu le Professeur Wodié et Bamba Moriféré, sachant que seul il ne serait pas élu, il a trouvé ce prétexte d’alliance pour sauver la face).
Dans un rapport publié en mai 1996, Amnesty international note que des centaines des partisans des partis d’opposition ont été arrêté en septembre et en octobre 1995 suite à des affrontements violents avec des membres des forces de sécurité qui ont fait plusieurs morts, fin de citation.
On entendra aucune condamnation de l’Église catholique, encore moins un appel au dialogue pour des élections inclusives.
En 2000, après avoir été écartée de la présidentielle par le tandem Guei – Gbagbo, Alassane Ouattara tente de se présenter aux législatives de décembre.
Il est à nouveau exclu par le régime Gbagbo sans motif valable comme lors de la présidentielle quelques mois plus tôt, les militants de son parti tentent de protester contre cette énième injustice.
Les forces de sécurité de Laurent Gbagbo réagissent par une répression jamais connue en Côte d’Ivoire.
En 48 h, les organisations des droits humains recensent environ 300 morts dans les rangs des manifestants aux mains nues.
Nous sommes en décembre 2000 et je suis envoyé spécial de la BBC en Côte d’Ivoire.
Nous avons, mes confrères de la presse internationale et moi même scruté en vain une réaction de l’Église catholique qui n’est jamais venue.
Là d’attendre, nous avons, comme il est de coutume dans pareille circonstance, tenté de susciter la parole de l’épiscopat catholique, sans succès.
L’acharnement contre Alassane Ouattara atteindra des degrés inimaginables de l’ignominie.
Sa maman fut convoquée et interrogée des heures durant dans l’intention de lui faire dire qu’elle n’était pas la vraie génitrice d’Alassane Ouattara, pure perte.
Quelques années plus tard, la tombe de Dame Nabintou Cissé sera profanée par des hommes sous les ordres de Laurent Gbagbo pour un hypothétique test ADN qui pensait il révélerait qu’elle n’était pas la mère de l’opposant Ouattara, pas un mot de l’Église catholique face à cet acharnement contre un homme dont le seul crime était d’avoir exprimé son intention de servir son pays au plus haut niveau.
Durant les 10 années de règne de Laurent Gbagbo, les escadrons de la mort ont opéré au vu et au su de tous, massacrant impurement des centaines, voire des milliers de militants et partisans de l’opposition.
Parce que l’opposant de Monsieur Gbagbo à la San Ouattara est musulman, des mosquées ont été attaquées et incendiées par les forces de sécurité de Laurent Gbagbo. Des imams assassinés, souvent d’avec des membres de leur famille, par la moindre réaction de l’Église catholique.
L’Église catholique n’a d’ailleurs pas été qu’un simple complice passif. En septembre 2002, Abidjan est secoué, par une tentative de coup d’État. Le Général Guei qui n’était pas impliqué trouve refuge à la cathédrale du Plateau, il sera livré à ses assassins par le leadership de l’Église catholique ivoirienne sous Mgr Angré.
L’âme du général offert à ses assassins par l’Église catholique auprès de qui il est allé chercher protection, devrait hanter l’ensemble du clergé qui s’est rendu complice actif du pire assassinat politique de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire.
Cette église là, est à jamais disqualifiée pour s’immiscer dans les débats politiques. Complice d’assassinat n’est plus une sentinelle morale.
Et en adoptant une position partisane depuis que le musulman Alassane Ouattara est au pouvoir, l’Église catholique a dévalorisé sa parole et réduit son influence à néant.
SAÏD Penda Journaliste d’investigation. Ancien Grand Reporter de la BBC et ex-correspondant de l’agence de presse américaine Associated Press.
1 – Côte d’Ivoire : Venance Konan au Cardinal Bernard Agré. Venance Konan (venancekonan@yahoo.fr) 
2 – Les vérités crues de Mgr Marcellin Kouadio (Acte 1) : « Souvent, les enfants trichent à l’école, les parents trichent en politique »
(Texte de Marcellin Yao Kouadio). 
3 – Côte d’Ivoire : L’Archevêque le Cardinal Kutwa estime que la candidature de Ouattara n’est pas nécessaire à son humble avis.
Donné à Abidjan, le 31 août 2020 Jean Pierre Cardinal KUTWA Archevêque d’Abidjan. 
Remarque : Tous ces ecclésiastique devraient se défroquer et s’associer à l’opposition on y verrait plus clair. (3 Monseigneur qui s’acharnent sur la même personne vous ne croyez pas que trop, c’est trop)?.
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