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Des mareyeuses ivoiriennes partagent leur savoir-faire au Sénégal.
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Des mareyeuses ivoiriennes partagent leur savoir-faire au Sénégal.

Des transformatrices de produits halieutiques avec les fours FTT, basées à Locodjro, dans l’Ouest d’Abidjan, ont partagé du 18 au 22 mai 2022 leur savoir-faire avec leurs consœurs du Sénégal et du Cap Vert.

Ce partage d’expériences a été organisé, au Sénégal, par l’Initiative Pêches Côtières en Afrique de l’Ouest (IPC-AO), un projet de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour renforcer les capacités des transformatrices et vendeuses de poissons du Cap Vert, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.

Cette visite d’échange régionale intervient après des rencontres d’experts de la FAO dans ces trois pays, de janvier à février 2022.

Elle s’inscrit dans le cadre du Plan d’action mondial de l’année internationale de la pêche et de l’aquaculture artisanales (AIPAA 2022).

A cette rencontre, les transformatrices de poissons de Locodjro, qui ont developpé une véritable expertise dans le fumage de poissons avec les fours Thiaroye de Transformation (FTT) de la FAO, pour des denrées alimentaires de qualité répondant aux normes d’hygiène et sanitaires des aliments, ont partagé leurs techniques avec des mareyeuses du Sénégal et du Cap Vert.

Le projet IPC-AO est financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et est mis en oeuvre par la FAO et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) à travers la Convention d’Abidjan.

Partage des bonnes pratiques

L’objectif de la visite d’échange régionale était notamment de permettre aux femmes transformatrices et vendeuses de poissons, à petite échelle, des trois pays de partager les bonnes pratiques en matière de transformation et de commercialisation.

Ces femmes ont également partagé leur mode d’organisation et d‘accès aux financements afin de rendre leur activité plus sûre, plus facile et plus compétitive avec des produits de qualité. Toute chose qui leur permet d’asseoir un modèle économique stable.

En outre, le but est d’aboutir à des produits répondant à des normes de qualité qui puissent satisfaire un plus grand nombre de consommateurs, au bénéfice économique pour ces femmes transformatrices et vendeuses de poissons et à leur communauté.

« Aujourd’hui, chaque pays a vu comment se font les choses dans les autres pays.

Chacune a appris de ses camarades et on va utiliser les expériences acquises pour améliorer notre travail », a dit Mme Elisabeth Abo, transformatrice et membre de la délégation ivoirienne.

« Nous avons beaucoup appris et apprécié le travail de ces braves femmes », a déclaré Germana dos Santos Soares de l’Association Nouvelle Génération des Pêcheurs de São Pedro au Cap Vert, assurant qu’une fois dans son pays, elle partagerait les nouvelles connaissances avec ses sœurs transformatrices.

Les femmes, un poténtiel à soutenir

En Afrique de l’Ouest, les femmes jouent d’importants rôles dans la pêche artisanale au niveau des activités post-capture, comme la vente de poissons frais, la transformation, le stockage, le conditionnement et la commercialisation.

Mais leurs conditions de travail les exposent à des dangers dans un domaine où les normes de santé et de sécurité sont quasi inexistantes. Leurs moyens de production sont souvent rudimentaires, leur travail sous-payé et leur contribution à l’économie sous-estimée.

« Une visite d’échanges entre femmes transformatrices permet de mettre en lumière les défis énormes qu’elles rencontrent tous les jours » dans l’exercice de leur métier, a expliqué Paula Anton, représentante AIPAA 2022.

« Elles ont vécu des expériences similaires, elles passent par les mêmes difficultés et peuvent donc s’exprimer et se comprendre. Cela peut contribuer à rendre leur travail plus facile à l’avenir », a-t-elle ajouté.

Pour sa part, M. Armand Zegbeu, du ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques, par ailleurs Cordonnateur national du projet IPC-AO, s’est dit satisfait de cette visite de ces femmes qui ont partagé leurs connaissances au cours de rencontres directes.

Elles ont évoqué leurs problèmes et donné des solutions pour résoudre les obstacles liés à la structuration et au fonctionnement de leurs organisations, au financement de leurs activités, à la commercialisation et à la transformation des produits halieutiques.

Cette rencontre a permis de mettre en place un réseau sous-régional de femmes transformatrices, ainsi que la création d’une plateforme WhatsApp et « nous pensons que cette visite va contribuer à professionnaliser leurs activités et à les rendre financièrement autonomes » a-t-il poursuivi.

Inauguration d’une nouvelle unité de fours FTT de la FAO

Au cours de la visite, une nouvelle unité de trois fours de la technique Thiaroye de transformation (FTT) de la FAO a été inaugurée en présence du ministre des Pêches et de l’Econome Maritime du Sénégal M. Alioune Ndoye et du Coordonnateur du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest et représentant de la FAO au Sénégal, M. Robert Guéi.

Les fours FTT réduisent l’exposition des travailleuses à la chaleur nocive, aux brûlures et à la fumée, et permettent de fournir aux consommateurs des produits de qualité, tout en contribuant à la protection de l’environnement par la réduction de la pollution et l’usage de bois comme combustible.

En Côte d’Ivoire, la mangrove, prisée pour la qualité de son bois est menacée.

« Nous éprouvons une joie énorme de savoir que l’inauguration de cette unité pilote de transformation de produits de la mer va permettre aux communautés de pêche de Dionewar d’augmenter leurs revenus grâce aux innovations introduites », a commenté M. Guéi.

Selon le représentant de la FAO au Sénégal, M. Robert Guéi, cette unité « va améliorer du coup les conditions de vie des femmes transformatrices et celles de leur ménage, en réduisant la pénibilité du travail et des risques d’accidents ».

A travers cette initiative, la FAO vise l’autonomisation des femmes dans la chaîne de valeur de la pêche artisanale, qui est pour l’organisation, fondamentale afin de concrétiser la vision de l’IPC et de développer des processus plus holistiques.

Le projet devrait permettre de mettre en place des approches intégrées dans la gestion durable des pêches côtières en partageant les meilleures pratiques et les leçons apprises au niveau national, régional et mondial, pour reproduire et étendre ces nouvelles approches.

AP/ls/APA