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Mali : les djihadistes de l’État islamique prennent une localité clé après d’âpres combats.
Mali : les djihadistes de l'État islamique prennent une localité clé après d'âpres combats.

Mali : les djihadistes de l’État islamique prennent une localité clé après d’âpres combats.

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Un élu local a confirmé à l'AFP que «la mairie de Talataye et la ville» étaient mercredi matin aux mains de l'EIGS. Talataye consiste essentiellement en une agglomération de hameaux où vivent des milliers de personnes.
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Mali : les djihadistes de l'État islamique prennent une localité clé après d'âpres combats.

Des soldats maliens à l'entraînement, en janvier 2021.

Des soldats maliens à l’entraînement, en janvier 2021. Frédéric Pétry / Hans Lucas via Reuters Connect

Situé à 150 km de Gao, Talataye est un endroit stratégique, à la confluence entre les zones d’influence de différents groupes armés.

Des djihadistes affiliés à l’organisation État islamique se sont emparés mardi 6 septembre d’une localité stratégique du nord du Mali au prix d’âpres combats avec d’autres groupes armés de la région et des djihadistes rivaux ayant fait allégeance à Al-Qaïda, ont indiqué un élu local, un responsable régional et un interlocuteur sur place.

Talataye, à environ 150 km de Gao, est régulièrement le théâtre de combats depuis le début du conflit malien en 2012, étant donné sa situation à la confluence des zones d’influence de différents groupes armés. Aucun bilan humain des combats n’était disponible mercredi matin.

Les affrontements ont mis aux prises les combattants de l’EIGS et un certain nombre d’acteurs encore mal définis, compte tenu de la difficulté d’accès à l’information dans cette région désertique.

Mais des djihadistes rivaux du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaïda) faisaient partie de leurs adversaires, selon les sources de l’AFP.

La nature de la relation entre les combattants du GSIM et des autres adversaires de l’EIGS n’a pu être précisée.

Mali : «Il va y avoir une extension de la menace djihadiste».

Les djihadistes arrivés sur des motos

Le GSIM est très implanté dans les brousses de Talataye. Olivier Dubois, le journaliste français enlevé à Gao en 2021, s’y était rendu en vue d’un entretien avec le commandant du GSIM de Talataye.

Des combattants du groupe pro-gouvernement Mouvement de salut de l’Azawad (MSA) et d’ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui ont combattu l’État malien avant de signer un accord de paix en 2015, sont aussi présents dans la zone.

Un élu local a confirmé à l’AFP que «la mairie de Talataye et la ville» étaient mercredi matin aux mains de l’EIGS. Talataye consiste essentiellement en une agglomération de hameaux où vivent des milliers de personnes.

Un responsable sécuritaire à Gao a confirmé des affrontements «entre groupes djihadistes».

Tous s’exprimaient sous le couvert de l’anonymat pour leur sécurité et en raison de la sensibilité de ces questions.

La zone de Talataye, comme une grande partie du pays, échappe de fait au contrôle de l’État.

L’armée malienne a dit mardi soir dans un communiqué avoir conduit une «reconnaissance offensive» par avion au-dessus de Talataye.

La junte au pouvoir depuis 2020 au Mali ne cesse d’affirmer avoir acculé les djihadistes à la défensive. «Grâce aux actions offensives menées, nos forces armées ont remporté des victoires décisives contre les groupes obscurantistes.

Ces actions ont également permis à l’État de réaffirmer son autorité sur une grande partie du territoire national», déclarait ainsi mardi le chef de la diplomatie Abdoulaye Diop.

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Mali : L’État islamique au grand Sahara s’empare de la localité de Talataye, à 150 km de Gao

Malgré les coups portés par la force française Barkhane en 2020 et 2021 et la perte de ses principaux dirigeants, à commencer par son chef, Abou Walid al-Sahraoui, l’État islamique au grand Sahara [EIGS] demeure très actif , en particulier dans la région malienne de Menaka où, en mars dernier, il a lancé une offensive contre le Mouvement pour le salut de l’Azawad [MSA, pro-Bamako].

« L’offensive visait la population touareg et les groupes armés touaregs, à savoir le MSA-D et le Groupe d’experts d’autodéfense des Touaregs Imghad et leurs alliés [GATIA].

Les principaux villages maliens situés le long de la frontière avec le Niger ont été les plus fortement touchés par ces attaques, notamment Inchinanane, Tamalelt et Anderamboukane, dans la région de Ménaka, et Talataye et I-n-Délimane, dans la région de Gao », a ainsi relevé l’Équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions visant la mouvance jihadiste, dans le 30e rapport qu’elle remis en juillet aux Nations unies.

En juin, l’EIGS a pris le dessus sur le GTIA 8 de l’armée malienne – en réalité commandé par un El Hadj Ag Gamou, un chef du GATIA – ainsi que sur les combattants du MSA avant de s’emparer de la localité d’Anderamboukane, située à la frontière avec le Niger.

Puis, ce 7 septembre, la localité de Talataye [dans les environs de laquelle Barkhane a mené l’une de ses dernières opérations avant son retrait du Mali, ndlr] a été le théâtre de violents combat ayant opposé l’EIGS à des combattants appartenant à différentes organisations armées, dont, selon l’AFP, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM ou JNIM, affilié à al-Qaïda], cette région étant connue pour être l’un de ses fiefs.

 

Situé à 200 km, à vol d’oiseau, au nord d’Anderamboukane et à 150 km à l’est de Gao, Talataye occupe une position stratégique étant donné qu’elle se trouve au milieu de plusieurs zones d’influence de groupes armés.

« Les gens de l’EIGS sont arrivés cet après-midi sur des motos, les combats ont duré trois heures », a confié, à l’AFP, un combattant du MSA ayant affirmé avoir pris part aux combats.
Ils « ont pris Talataye au crépuscule », a-t-il dit. Ce qu’un élu local a confirmé. « La mairie de Talataye et la ville sont aux mains de l’EIGS », a-t-il déclaré.

La localité de Talataye et ses environs avaient déjà fait l’objet d’attaques en mars dernier.

Attaques qui, menées par des « éléments extrémistes », selon l’ONU, ont causé « la mort d’une centaine de civils ».

Si l’EIGS réussit à garder son emprise sur Talataye, alors il sera en mesure d’accenter sa pression sur la ville de Ménaka, qui se trouve presque à mi-chemin d’Anderamboukane.

À moins que les autorités maliennes, désormais appuyées par le groupe paramilitaire russe Wagner, finissent par réagir…

Cela étant, via un communiqué publié le 6 septembre, l’état-major des Forces armées maliennes [FAMa] a évoqué une reconnaissance aérienne « offensive » contre les « terroristes auteurs d’abus et de déplacements forcés des populations dans le secteur de Talataye ». Mais il n’a pas fourni de bilan, celui-ci étant en cours d’évaluation.

« Grâce aux actions offensives menées, nos forces armées ont remporté des victoires décisives contre les groupes obscurantistes.

Ces actions ont également permis à l’État de réaffirmer son autorité sur une grande partie du territoire national », a déclaré Abdoulaye Diop, le chef de la diplomatie malienne, quelques heures avant la prise de Talataye par l’EIGS.

Quoi qu’il en soit, cette situation ne peut qu’inquiéter le Niger.

« Notre frontière avec le Mali est aujourd’hui sous la coupe de l’État islamique au Grand Sahara. Bamako n’a pas investi les postes militaires avancés à notre frontière.

Le G5 Sahel est mort.

Depuis le second coup d’État au Mali, Bamako est dans une fuite en avant qui l’isole en Afrique et nous prive d’une stratégie concertée et coordonnée pour lutter contre le terrorisme », avait ainsi dénoncé Mohamed Bazoum, le président nigérien, en mai dernier.

Zone Militaire

Des soldats maliens à l'entraînement, en janvier 2021.

Des soldats maliens à l’entraînement, en janvier 2021. Frédéric Pétry / Hans Lucas via Reuters Connect

Situé à 150 km de Gao, Talataye est un endroit stratégique, à la confluence entre les zones d’influence de différents groupes armés.

Des djihadistes affiliés à l’organisation État islamique se sont emparés mardi 6 septembre d’une localité stratégique du nord du Mali au prix d’âpres combats avec d’autres groupes armés de la région et des djihadistes rivaux ayant fait allégeance à Al-Qaïda, ont indiqué un élu local, un responsable régional et un interlocuteur sur place.

Talataye, à environ 150 km de Gao, est régulièrement le théâtre de combats depuis le début du conflit malien en 2012, étant donné sa situation à la confluence des zones d’influence de différents groupes armés. Aucun bilan humain des combats n’était disponible mercredi matin.

Les affrontements ont mis aux prises les combattants de l’EIGS et un certain nombre d’acteurs encore mal définis, compte tenu de la difficulté d’accès à l’information dans cette région désertique.

Mais des djihadistes rivaux du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaïda) faisaient partie de leurs adversaires, selon les sources de l’AFP.

La nature de la relation entre les combattants du GSIM et des autres adversaires de l’EIGS n’a pu être précisée.

Mali : «Il va y avoir une extension de la menace djihadiste».

Les djihadistes arrivés sur des motos

Le GSIM est très implanté dans les brousses de Talataye. Olivier Dubois, le journaliste français enlevé à Gao en 2021, s’y était rendu en vue d’un entretien avec le commandant du GSIM de Talataye.

Des combattants du groupe pro-gouvernement Mouvement de salut de l’Azawad (MSA) et d’ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui ont combattu l’État malien avant de signer un accord de paix en 2015, sont aussi présents dans la zone.

Un élu local a confirmé à l’AFP que «la mairie de Talataye et la ville» étaient mercredi matin aux mains de l’EIGS. Talataye consiste essentiellement en une agglomération de hameaux où vivent des milliers de personnes.

Un responsable sécuritaire à Gao a confirmé des affrontements «entre groupes djihadistes».

Tous s’exprimaient sous le couvert de l’anonymat pour leur sécurité et en raison de la sensibilité de ces questions.

La zone de Talataye, comme une grande partie du pays, échappe de fait au contrôle de l’État.

L’armée malienne a dit mardi soir dans un communiqué avoir conduit une «reconnaissance offensive» par avion au-dessus de Talataye.

La junte au pouvoir depuis 2020 au Mali ne cesse d’affirmer avoir acculé les djihadistes à la défensive. «Grâce aux actions offensives menées, nos forces armées ont remporté des victoires décisives contre les groupes obscurantistes.

Ces actions ont également permis à l’État de réaffirmer son autorité sur une grande partie du territoire national», déclarait ainsi mardi le chef de la diplomatie Abdoulaye Diop.

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