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Ozokou Ernest Boga du Cojep, pour les jeunes et pour l’histoire, explique qui est en réalité l’ex-pan en exil volontaire.
Ozokou Ernest Boga du Cojep pour les jeunes et pour l'histoire explique qui est en réalité l'ex-pan en exil volontaire.

Ozokou Ernest Boga du Cojep, pour les jeunes et pour l’histoire, explique qui est en réalité l’ex-pan en exil volontaire.

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Ozokou Ernest Boga du Cojep, pour les jeunes et pour l'histoire, explique qui est en réalité l'ex-pan en exil volontaire.

Voir et comprendre à travers la vidéo les méthodes irrespectueuses et machiavélique de l'ex-pan en exil volontaire.

Ozokou Ernest Boga du cojep explique aux suiveurs de l’ex-pan en exil volontaire et à la jeunesse Ivoirienne qui est en réalité ce dernier. (Vidéo Ladji Chérif).

Ozokou Ernest Boga du Cojep se pose aussi la question de savoir "pourquoi l'enquête parlementaire demandée n'a jamais eue lieu?" (9 juillet 2007 à 16:46
Par Jeune Afrique - Christophe Boisbouvier, pour J.A)

En attendant les résultats de l’enquête, qui s’annonce longue, l’attentat de fin juin contre le Premier ministre fait l’objet de multiples supputations. Tant sur l’identité de ses auteurs que sur l’avenir du processus de sortie de crise.

« C’est un attentat et nous savons qui l’a fait, mais je ne vais pas devancer les enquêtes », déclare Guillaume Soro.

Pourquoi le Premier ministre ivoirien joue-t-il aux devinettes lorsqu’il évoque l’attentat qui a failli lui coûter la vie le 29 juin ?

A-t-il quelque chose à cacher ?

Quelque chose qui pourrait fragiliser sa position « Pas de polémique.

C’est mon attentat.

Qu’on laisse mon attentat tranquille », dit encore l’ancien chef des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion) avec ce sens de la formule qu’il affectionne. Comme s’il ne voulait pas qu’on s’intéresse trop à l’événement

Dans ses dernières déclarations, le Premier ministre a tout de même livré une information intéressante : « L’attaque a été certainement étudiée depuis longtemps. Ils ont tiré à l’angle et au moment où l’avion était le plus vulnérable. »

De fait, tout indique que le coup a été fait par des professionnels.

Le film des événements parle de lui-même.

Quand le Fokker 100 de la République de Côte d’Ivoire atterrit sur l’aéroport de Bouaké, le 29 juin à 10 h 33, les tireurs sont embusqués depuis plusieurs heures, voire plusieurs jours.

En effet, ils ne connaissent pas l’heure exacte de l’arrivée de l’avion. Sur le lieu de l’attentat, on a d’ailleurs retrouvé du pain et des boîtes de sardines.

À bord de l’appareil en provenance d’Abidjan, il y a une trentaine de personnes : le Premier ministre, une partie de son cabinet, des journalistes et des magistrats.

Guillaume Soro vient installer ces derniers qui vont présider les audiences foraines pour l’identification des populations.

En bout de piste, le pilote de l’avion, le lieutenant-colonel Lazare Lekpéli, s’apprête à prendre un virage à angle droit. Il doit s’engager sur la bretelle qui relie la piste d’atterrissage au tarmac de l’aéroport, 1 500 mètres plus loin.

À droite de la piste, les herbes sont hautes et les arbres atteignent une dizaine de mètres. C’est là que les assaillants ont installé trois postes de tir camouflés, à une cinquantaine de mètres de la piste.

Une première roquette RPG 7 atteint l’arrière de l’appareil. Une deuxième frappe l’avant droit du Fokker dans un bruit assourdissant. C’est la roquette qui tue, au niveau de la deuxième cabine.

Quatre hommes sont mortellement touchés.

Deux membres du protocole, un agent de sécurité et un cameraman.

Douze autres personnes sont blessées.

Dont Alain Lobognon et Meïté Sindou, deux conseillers du Premier ministre.

Une troisième roquette manque sa cible. Elle passe au-dessus de l’appareil.

Aussitôt, les assaillants décrochent. Ils déclenchent des tirs d’armes automatiques pour couvrir leur retraite et s’enfuient par une tranchée jusqu’à une piste de brousse.

L’opération avait donc été soigneusement préparée.

Mais qui a tiré ? Comme le coup a eu lieu dans le fief des FN, la première hypothèse est, bien entendu, celle du complot ourdi au sein même de l’ex-rébellion.

Chacun sait qu’après l’accord de Ouagadougou du 4 mars dernier et, surtout, au lendemain de l’accession de Guillaume Soro à la primature, des anciens rebelles se sont demandé si leur chef n’allait pas les trahir.

« Les choix de Soro ne sont pas partagés avec le même enthousiasme par tous les responsables des FN », a écrit International Crisis Group, l’organisation non gouvernementale de prévention des conflits, dans un rapport publié deux jours avant l’attentat.

« Le silence des militaires exprime un sentiment de malaise ». De fait, beaucoup d’entre eux se sont interrogés sur un éventuel accord secret entre leur chef et Laurent Gbagbo. Et tous les « comzon », les commandants de zone, qui se sont enrichis à la faveur de la crise politico-militaire, ont craint de perdre leur poule aux œufs d’or.

La seconde hypothèse est celle d’une vengeance d’IB. Ibrahim Coulibaly, de son vrai nom, est l’un des chefs de l’insurrection du 19 septembre 2002.

Il n’a jamais accepté la promotion de Guillaume Soro le mois suivant à la tête du mouvement. Depuis les combats fratricides de 2004 et la mort par suffocation, le 23 juin de cette année-là, de soixante-dix partisans d’IB dans un conteneur surchauffé à Korhogo (source ONU), les deux hommes sont à couteaux tirés.

Et au lendemain de l’arrivée de Soro à la primature, IB a lancé : « Il n’a pas l’étoffe pour cette charge usurpée. Il n’est pas à sa place là où il est parce qu’il n’est pas le fondateur du MPCI [Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire, première appellation connue de la rébellion qui a éclaté en septembre 2002, NDLR]. »
Cette hypothèse n’est pas absurde. Bien qu’il vive en exil à Cotonou, IB garde des partisans au sein des FN. De bonne source, il communique régulièrement avec eux par téléphone. Mais l’intéressé dément catégoriquement : « Je n’ai rien à voir avec cet attentat et je suis tout à fait serein.

J’attends qu’on me cite officiellement, et si jamais on m’accuse, ceux qui m’attaquent vont m’entendre ! » De fait, pour l’heure, personne ne l’a accusé publiquement. Par ailleurs, depuis quelques mois, IB se sait surveillé de près. Aurait-il commis une telle imprudence ?

Si l’on suit le raisonnement de Guillaume Soro, c’est-à-dire la piste du coup venu d’ailleurs, on ne peut écarter non plus l’hypothèse du complot ourdi par le camp Gbagbo.

En Côte d’Ivoire, certains observateurs n’hésitent pas à soupçonner le chef de l’État ivoirien d’être lui-même compromis dans l’affaire. Difficile à croire. C’est Laurent Gbagbo en personne qui a lourdement insisté pour que le chef des FN devienne Premier ministre.

De son point de vue, il serait incohérent de vouloir éliminer l’homme qui vient d’accéder à sa requête. Et l’incohérence n’est pas une caractéristique de l’homme politique Gbagbo.

En revanche, certains membres de l’entourage présidentiel n’auraient pas été trop chagrins si Guillaume Soro avait disparu.

Sa nomination à la tête du gouvernement a diminué la marge de manœuvre du Front populaire ivoirien (FPI) et la part de gâteau réservée à ses barons. Surtout, la rumeur d’un accord secret Gbagbo-Soro a fait des ravages dans le camp présidentiel, comme au sein des Forces nouvelles.

« Qui sera le dindon de la farce ? » se sont demandé les courtisans du Palais. Depuis 2002, les services de sécurité de la présidence se sont beaucoup renforcés. Le conseiller Kadet Bertin est censé avoir la haute main sur tous les commandos, mais la rivalité entre eux fait rage. Tout est possible. Même une infiltration en zone Nord d’un commando du Sud avec la complicité de quelques éléments des FN.

« Pourquoi la présidence s’est-elle empressée de faire rentrer l’avion cible à Abidjan le soir même du 29 juin ? » demandent les tenants de cette thèse. « N’était-ce pas pour effacer les traces de l’attentat ? ».

En réalité, il est très difficile à l’heure actuelle de privilégier l’une ou l’autre de ces trois pistes.

Toutes sont plausibles. Seule certitude : Guillaume Soro et ses lieutenants se dépensent sans compter pour expliquer que le coup ne vient pas de l’intérieur des FN. Il est vrai que, dans cette hypothèse, le Premier ministre serait sérieusement affaibli.

L’attentat de Bouaké va-t-il retarder le processus de Ouagadougou ?

« Non », répondent en chœur les deux plus hauts personnages de l’État.

« L’installation des préfets et des magistrats sur tout le territoire va continuer comme prévu », ajoutent-ils. Cet attentat manqué peut rapprocher les deux chefs de l’exécutif ivoirien. Mais à une condition. Chacun devra ménager l’entourage de l’autre.

Ainsi Laurent Gbagbo devra-t-il accorder, dans l’armée réunifiée, de nouveaux grades aux officiers des FN. Sinon Très vite, l’avancée ou non de l’enquête sur l’attentat sera un baromètre de la relation Gbagbo-Soro.

Le camp du président veut une enquête nationale menée par le commissaire du gouvernement Ange Kessi.

Celui du Premier ministre, lui, veut une enquête internationale (avec certes des Ivoiriens), comme s’il avait des doutes sur l’indépendance des enquêteurs ivoiriens.

Si les investigations sont bien menées, on finira par connaître les coupables. Rien ne prouve que les trois personnes arrêtées au soir de l’attentat aient un lien avec celui-ci.

Mais, comme dit Soro, « la chance qu’on a, c’est que, à partir de la roquette [qui n’a pas explosé], vous pouvez remonter au stock, et du stock vous pouvez savoir où ça a été fabriqué et à qui on l’a vendue ». Il est des vérités qui risquent de faire mal.