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Pourquoi les soldats ivoiriens se sont retrouvés au Mali.
Pourquoi les soldats ivoiriens se sont retrouvés au Mali.

Pourquoi les soldats ivoiriens se sont retrouvés au Mali.

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Pourquoi les soldats ivoiriens se sont retrouvés au Mali.

Tout a commencé en 2013. Les premiers soldats ivoiriens qui ont intégré la Force internationale de soutien au Mali (Misma) ont quitté Abidjan le 1er mai 2013 par la route pour Bamako au Mali, après plusieurs mois de préparation.

A l’époque, la Misma crée le 17 janvier 2013 devait aider à la sécurisation des institutions maliennes de transition en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Elle s’est terminée le 1er juillet 2013 avec la mise en place de la Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).

Le contingent ivoirien comprenait 103 éléments.

Il s’agissait d’un bataillon logistique que la Côte d’Ivoire fournissait à la Misma. Il comportait 235 soldats.

La mission intervenait dans un contexte difficile pour notre pays.

La Côte d’Ivoire, engagée dans une sensible et complexe réforme de son armée après la crise postélectorale meurtrière de 2010-2011, n’envisageait pas au départ d’envoyer des troupes au Mali.

Mais le Président Alassane Ouattara, qui dirigeait en ce moment-là la CEDEAO, avait finalement accepté de le faire devant l’insistance de ses partenaires extérieurs, en particulier la France.

C’était un sacrifice pour soutenir un pays frère, dans les difficultés.

Le chef de l’armée ivoirienne à l’époque, le général Soumaïla Bakayoko, avait admis que ce bataillon « s’est construit lentement » depuis fin janvier en vue d’accomplir une « mission difficile ».

Il avait appelé ses troupes à la « vigilance » et au « courage » parce que « la situation sécuritaire n’est pas totalement stabilisée » au Mali.

Avant de se rendre dans ce pays en crise, le bataillon logistique avait été formé par l’armée française à Abidjan. Nos soldats avaient également bénéficié d’un appui de l’ONU et des Etats-Unis.

Des exercices militaires franco-ivoiriens s’étaient déroulés à Abidjan.

Avant de les jeter sur ce front chaud bouillant.

Un contexte difficile

Les principales villes du nord du Mali étaient occupées depuis 2012 par des groupes islamistes liés à Al-Qaïda. Les djihadistes y menaient déjà des actions meurtrières de harcèlement. Malgré cet environnement difficile et imprévisible, les Casques bleus de l’unité ivoirienne au sein de la Minusma ont toujours fait leur job.

C’est en 2017 que la Côte d’Ivoire décidait d’envoyer sa première unité combattante de 150 soldats au Mali. Les soldats avaient rejoint la force de l’ONU à Tombouctou.

Le major Kouassi Gbezike Romeo Descar, commandant en second du bataillon ivoirien à Tombouctou, expliquait à ONU Info le 24 juin 2021 que son unité, composée de 650 hommes et femmes, s’efforce de surmonter les menaces sur le terrain.

Depuis 2013, ce sont plus de 160 Casques bleus qui ont laissé leur vie dans des actes hostiles au Mali.

Parmi eux, quatre Casques bleus ivoiriens tués le 13 janvier 2021 à Tombouctou.

Un engin explosif improvisé avait sauté au passage de leur convoi.

Le défunt Premier ministre Hamed Bakayoko avait rendu hommage à ces soldats, lors de la cérémonie d’accueil de leurs dépouilles mortelles le 22 janvier 2021 à Abidjan.

Il avait souligné que la mort des quatre casques bleus ivoiriens de la Minusma renforce l’engagement de tous à travailler davantage pour la paix en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.

Ils venaient de payer le sacrifice suprême au nom de la Côte d’Ivoire pour le Mali.

Le Commandant de la Minusma, le Général Dennis Gyllensporre, avait salué la mémoire des soldats ivoiriens tombés au front.

Il avait loué leur compétence, leur professionnalisme et leur dévouement pour la sécurité au Mali.

Malgré ces pertes, la Côte d’Ivoire n’a pas stoppé son assistance au Mali.

En 2021, le contingent ivoirien était estimé à 650 personnels dont 25 femmes.

Selon les chiffres annoncés par le Président Alassane Ouattara lors de son discours à la nation le 6 août 2022 dans le cadre du 62ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, les soldats ivoiriens sont un peu plus de 850.

Les incongruités d’Assimi Goïta

Avec cette sale affaire de 49 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet 2022 par Bamako, ce sont tous les sacrifices faits par la Côte d’Ivoire qui sont foulés au pied.

Pour les gens bien-pensants, il s’agit d’une grosse comédie montée en épingle par la junte au pouvoir pour détourner l’attention des Maliens.

C’est le sujet qui fait l’actualité dans ce pays. Tout le reste peut attendre.

Comment la Côte d’Ivoire peut vouloir déstabiliser un pays où elle compte déjà 800 soldats dont 4 ont perdu la vie pour une mission de stabilisation depuis 2013. Pourquoi envoyer 49 soldats pour faire un boulot que 800 pourraient faire. Si tant est qu’un pays peut tirer partie des troubles chez son voisin immédiat, avec qui il partage une frontière de 532 kilomètres.

Un proverbe ivoirien dit: «Quand la case de ton voisin brûle, hâte-toi de l’aider à éteindre le feu de peur que celui-ci ne s’attaque à la tienne».

C’est ce qui guide Alassane Ouattara au côté du peuple malien, qui n’est pas amnésique.

Mais là, le colonel Assimi Goïta est embarqué dans une histoire de fous.

Visiblement, la junte malienne marche sur la tête.

Bakayoko Youssouf

Le Chef de l’Etat, SEM Alassane Ouattara, a présidé la Cérémonie d’Hommage de la Nation aux Casques Bleus Ivoiriens morts au Mali.