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Affaire des 49 militaires ivoiriens : statu quo à Lomé entre Abidjan et Bamako.
Affaire des 49 militaires ivoiriens : statu quo à Lomé entre Abidjan et Bamako.

Affaire des 49 militaires ivoiriens : statu quo à Lomé entre Abidjan et Bamako.

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Le président togolais Faure Gnassingbé dans le nord du Togo
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Le ministre d'état, ministre de la défense, Téné Birahima Ouattara.

Affaire des 49 militaires ivoiriens : statu quo à Lomé entre Abidjan et Bamako.

Le président togolais Faure Gnassingbé dans le nord du Togo, le 17 février 2020. © PIUS UTOMI EKPEI/AF

Retour sur la médiation togolaise dans le cadre de l’affaire de 49 militaires ivoiriens interpellés le 10 juillet à leur arrivée à l’aéroport de Bamako. Le président Faure Gnassingbé a reçu jeudi à Lomé des délégations malienne et ivoirienne.

D’après les informations de RFI, le séjour des deux délégations dans la capitale togolaise n’a donné aucun résultat positif.

Téné Birahima Ouattara, ministre d’État, chargé de la Défense et Fidèle Sarassoro, directeur de cabinet du président Alassane Ouattara, faisaient partie de la délégation ivoirienne.

Côté malien, la présence de Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères a été fortement remarquée.

Pour prendre un premier pouls, le président Faure Gnassingbé, médiateur, a reçu séparément les envoyés des deux pays.

Pour libérer les 49 militaires ivoiriens interpellés à leur arrivée à l’aéroport de Bamako, le gouvernement malien demande au moins deux choses : que la Côte d’Ivoire exprime officiellement « des regrets », mais aussi que lui soit rendu « des ressortissants maliens », vivant en Côte d’Ivoire, ou simplement de passage, recherchés par la justice malienne.

Sur le premier point, la Côte d’ivoire a répondu « non ».

Et sur le deuxième point, Abidjan a évoqué la séparation des pouvoirs législatif et judicaire.

La médiation a tourné court.

Pourtant prévu, il n’y a finalement même pas eu de communiqué final sanctionnant la fin de la rencontre. Selon un témoin, les Ivoiriens ont quitté Lomé furieux. Mais dans l’entourage du président togolais, on confie qu’il poursuivra ses efforts afin de trouver une solution.

► À lire aussi : Des voix s’élèvent en Côte d’Ivoire dans l’affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés au Mali

Soldats ivoiriens détenus à Bamako : le ministre de la Défense a reçu les familles

Téné Birahima Ouattara,ministre de la Défense de Côte d'Ivoire
Téné Birahima Ouattara,ministre de la Défense de Côte d’Ivoire AFP – ISSOUF SANOGO
Ils sont accusés par Bamako d’être des mercenaires, mais selon les autorités ivoiriennes, ils allaient rejoindre la force onusienne au Mali.

Des mères, des pères, des épouses, des enfants…

Les familles des 49 soldats militaires étaient donc représentées en nombre par leurs familles à l’état-major des armées. Le ministre de la Défense a souhaité les rassurer. « Vos frères, vos enfants, vos maris, n’ont pas du tout fauté.

Ils y étaient dans le cadre d’une mission de soutien et je voudrais aussi vous rassurer [sur le fait] que vos soldats ont bon moral, sont traités dans les conditions normales. »

Le ministre a également assuré mettre tout en œuvre pour leur libération.

Mais 24 jours après l’arrestation de leurs proches à Bamako, les familles n’ont toujours aucune nouvelle.

Une attente insupportable pour Pascaline, petite sœur de l’un des soldats.

« Je ne dors pas tellement ça me fait du mal, confie-t-elle. 

La nuit, quand je pense à lui, dès que je me réveille, je suis en pleurs. Son fils a eu le bac, on ne sait pas comment on va lui dire. Mon cœur saigne. »

Le nerf de la guerre 

Pendant ce temps, les tractations se poursuivent. Le président togolais Faure Gnassingbé assure la médiation dans cette affaire. Il a reçu fin juillet à Lomé une délégation malienne et une délégation ivoirienne.

Mais pour l’instant, la situation reste bloquée.

Une source togolaise proche du dossier reconnaît que la rencontre à Lomé et les entretiens téléphoniques qui ont suivi n’ont encore rien donné.

Le gouvernement malien a fait deux demandes qui ont été rejetées par la Côte d’Ivoire.

La première : que les autorités ivoiriennes expriment par écrit « des regrets » pour l’arrivée qualifiée d’« illégale » des 49 militaires sur le sol malien.

Deuxième demande : que soient livrés à Bamako des ressortissants maliens poursuivis par la justice malienne et se trouvant sur le territoire ivoirien.

Parmi ces ressortissants : l’ancien ministre de la Défense Tiéman Hubert Coulibaly, l’ancien Premier ministre Boubou Cissé et Karim Keïta, fils de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

Après ce double refus de la partie ivoirienne, la délégation malienne aurait avancé ce qu’une autre source proche du dossier appelle « le nerf de la guerre » : ainsi le Mali aurait demandé à la Côte d’Ivoire de l’aide auprès de la BCEAO, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) pour lui faciliter des décaissements.

Là encore, les négociateurs ivoiriens n’ont pris aucun engagement.

La médiation togolaise devrait prendre de nouvelles initiatives, dès ce jeudi. « Le Mali et la Côte d’ivoire veulent régler pacifiquement cette affaire », affirme une source proche du dossier.

Avec notre correspondant à Abidjan, Youenn Gourlay