preloader

Article

Examens scolaires / Récit : un surveillant pris en flagrant délit de fraude, ce qui lui arriva.
ce qui lui arriva. Examens scolaires / Récit : un surveillant pris en flagrant délit de fraude ce qui lui arriva.

Examens scolaires / Récit : un surveillant pris en flagrant délit de fraude, ce qui lui arriva.

16e873cfa4e44a048590a4f57dd6ed11
Scène une journée cauchemardesque d’un enseignant fraudeur en salle de composition (au Baccalauréat) pour de l'argent. Il vient d’être interpellé pour fraude avérée !

Examens scolaires / Récit : un surveillant pris en flagrant délit de fraude, ce qui lui arriva.

Les stratégies de lutte contre la fraude durant ces périodes d’examens à grands tirages comportent plusieurs axes.Et tout acteur direct ou indirect doit y mettre du sien pour freiner ce phénomène de la fraude.

A ce titre, nous apprécions le récit qui va suivre.

La triste journée d’un surveillant pris en flagrant délit de fraude en salle de composition, nous est présentée ici par Hyacinthe Kouao, syndicaliste engagé, membre du MIDD (Mouvement des Instituteurs pour la Défense de leurs Droits) de Côte d’Ivoire .

Sur son compte Facebook, Hyacinthe Kouao, dans un texte intitulé « Il pouvait éviter ça ! » tout en mettant en scène une journée cauchemardesque d’un enseignant fraudeur en salle de composition (au Baccalauréat), condamne, dans un background parfait, les acteurs de la tricherie lors des différents examens scolaires, et appelle à une prise de conscience de sa corporation.

Nous pensons que ce qui est arrivé à cet enseignant, doit arriver à toute personne dont la fraude est avérée aussi bien dans la chaîne de déroulement des examens, qu’en dehors, dans tout environnement qui interagit avec l’école .

Puissent les acteurs directs ou indirects dans le processus d’un examen scolaire, retrouver ici des leçons d’intégrité .

IL POUVAIT ÉVITER ÇA !

Il s’est réveillé à six heures ce matin, pour se rendre dans le centre d’examen inscrit sur sa convocation.

Il est seul dans sa salle pour surveiller les candidats.

Il vient d’être interpellé pour fraude avérée !

Il a appelé sa maman qui est morte il y a deux ans ! Menotté, visage meurtri, regard pâle !

Il a appelé ses collègues, ses collègues n’ont pu rien faire !

Il a appelé l’officier : « Monsieur, j’ai une famille qui compte sur moi ! »

Ils n’ont rien eu à cirer de ce qui pourrait arriver à la vie de sa famille.

Il a supplié pour sa vie.

Il a supplié pour la pitié.

Il a supplié pour la liberté,

On ne pouvait rien faire !

Il n’arrivait pas à déterminer son genre !

Son corps tremblait !

Il a perdu le contrôle de sa vessie.

Dieu l’avait totalement abandonné.

Il a crié : « Je me sens nul en voulant forcer l’admission des nuls. »

Il a subi la pire des humiliations en sortant du centre d’examen.

Dix fois de suite, on pouvait l’entendre ( réciter la litanie des désespérés) : « Je pouvais éviter ça ! »

Son responsable syndical le regardait, impuissant !

Une dernière fois, il a profondément soupiré : « Je ne vais plus recommencer ça ! Oh mon Dieu !»

Il était trop tard ! Il a perdu son honneur, sa dignité.

Son responsable syndical a demandé qu’on respecte ses droits de futur condamné, ils ont dit « ok ! »

Les collègues des autres centres de composition ont supplié le conducteur du cargo de s’arrêter, les agents des forces de sécurité ont dit qu’ils exécutent leur mission.

Il est désormais privé de sa liberté.

Ses organes crient, son cerveau rampe !

On a vu notre collègue se noyer, (comme le Yibo Zéa, l’oiseau qui se noie dans le fleuve Yibo et que nos yeux ne peuvent aider.)

Sa vie s’est estompée.

Une procédure de condamnation lente, une prison aux odeurs qu’on ne trouve que dans les prisons l’attend désormais.

Un lynchage de ses mœurs dans sa cellule par ses codétenus.

Pitié ! 

Pendant huit minutes agonisantes, il regrette le jour de l’examen !

Il a crié pour sa femme, ses enfants et quelques neveux orphelins.

Il fut un enseignant, un éducateur doux !

Un homme adulte, pleurant pour sa famille, désormais livrée aux vices de ce monde cruel.

Il est moralement assassiné par sa gentillesse ou son amour exagéré pour les pièces d’argent.

Prenons conscience de l’immensité de notre fortune.

Ne gâchons pas notre vie pour la réussite d’un élève qui a passé tout le temps à boycotter sa propre réussite.

Faisons-le ! Pas pour nous mais pour notre famille.

Bonne mission à tous les enseignants de Côte d’Ivoire !

Hyacinthe Kouao

Constant_Minangoy (Opera News )