Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a confirmé, dans une correspondance officielle, que le Comité des droits de l’homme n’a pas accordé les mesures provisoires réclamées par le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) au nom de son président, Laurent Gbagbo.
Le PPA-CI, par l’intermédiaire de son avocat Me Habiba Touré, avait saisi l’ONU le 21 juillet dernier pour demander la réinscription de M. Gbagbo sur la liste électorale et la garantie de son droit d’électeur et d’être candidat à la présidentielle de 2025.
Le 20 août, le Comité avait rejeté la demande de mesures provisoires, tout en invitant la Côte d’Ivoire à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour garantir à l’ancien chef de l’État l’exercice de ses droits politiques, conformément à l’article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
« Laissés à l’appréciation »
Dans le nouveau courrier daté du 26 août et rendu public ce mardi, l’ONU a précisé que « le Comité, par l’intermédiaire de ses rapporteurs spéciaux sur les nouvelles communications et mesures provisoires, n’a pas octroyé les mesures provisoires visant à demander à l’État parti d’inscrire M. Gbagbo sur les listes électorales ».
Les moyens de garantir ses droits politiques, poursuit le texte, « sont laissés à l’appréciation de l’État partie, dans le cadre du respect et de l’application de ses obligations » internationales.
En clair, l’ONU ne prescrit pas de mesure précise à Abidjan, mais rappelle que la Côte d’Ivoire doit concilier sa législation nationale avec ses engagements internationaux en matière de droits politiques. Une marge de manœuvre pour l’État ivoirien, mais aussi une pression politique et diplomatique sur Abidjan.
Une source au sein du service communication de Laurent Gbagbo confirme à Linfodrome la réception de ce courrier.
« C’est la même chose. L’ONU répète avoir rejeté les demandes de mesures provisoires, mais elle dit à l’État ivoirien : tu dois respecter les droits politiques de Laurent Gbagbo. C’est un langage diplomatique », explique ce proche.
L’ONU rappelle par ailleurs que l’enregistrement d’une communication ou l’examen d’une demande de mesures provisoires « ne signifie pas qu’une décision ait été prise sur la recevabilité de la communication ou sur le fond des allégations ». La Côte d’Ivoire dispose jusqu’au 20 février 2026 pour répondre aux arguments soulevés par M. Gbagbo.
Candidature « non négociable »
Ce nouvel échange intervient dans un climat politique marqué par le débat autour de la radiation de l’ancien président de la liste électorale, conséquence d’une condamnation à 20 ans de prison prononcée en 2018 dans l’affaire dite du braquage de la BCEAO, condamnation qu’il conteste.
Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a officiellement déposé, lundi 25 août 2025, le dossier de candidature de son président et candidat,
Laurent Gbagbo, pour l’élection présidentielle prévue en octobre.
Le parti panafricain maintient que la candidature de Laurent Gbagbo est « non négociable ».