Quand la sagesse se tait, Mossikro s’effondre
Dans sa rhétorique, Aristote nous avertissait : le peuple, livré à lui-même, ne choisit pas toujours ce qui est bon, mais ce qui est plaisant.
Il suit le flatteur, pas le philosophe. Le tribun de circonstance, pas le guide lucide.
Et c’est précisément ce que l’opposition, flanquée de ses ONG de façade, a cultivé : une démagogie de pitié, travestie en courage.
Lorsqu’il fallut déloger pour préserver, ils hurlèrent à l’injustice.
Lorsqu’il fallut déplacer pour protéger, ils crièrent au mépris.
Ils ont prétendu défendre les pauvres, mais c’était bien un spectacle.
Une fresque de victimisation, jouée à huis clos entre ONG complaisantes et des opposants en quête de popularité.
Les déguerpissement, un acte de salut ou crime politique
« Sauvons des vies » disait le District autonome d’Abidjan . « On chasse les pauvres » répliquaient les opposants.
Tout ce qui pouvait entraver l’ordre rationnel était aussitôt recyclé en discours compassionnel.
Peu importe si la colline de Mossikro était un cercueil en suspens, il ne fallait pas y toucher. Les opposants ont défendu les murs, mais pas les vies.
Ils ont protégé les tôles, mais pas les enfants qui dormaient dessous.
La comédie des ONG et les larmes de crocodile
Toujours promptes à s’émouvoir devant les micros, les ONG ont repris en chœur le refrain du scandale social. Larmes publiques, rapports indignés, bulletins d’alerte, Tout y était. Tout, sauf la constance.Mais quand Mossikro s’est écroulé, ces ONG avaient déjà tourné la page. Ainsi pour dire, chez elles, la compassion obéit à l’agenda, pas à la gravité.
La mort comme épilogue d’une irresponsabilité
Il ne s’agit plus de politique. Il s’agit de morale. On ne construit pas un avenir politique sur les ruines d’une lucidité bafouée.
Ceux qui ont crié au scandale lors des déguerpissements doivent aujourd’hui assumer l’héritage de leurs postures :
• Ils ont refusé la prévention,
• saboté la pédagogie de l’assainissement,
• criminalisé l’effort de planification urbaine.
Ils ont préféré l’émotion à la raison, et c’est Aristote encore qui l’avait prédit : « Le pathos émeut, mais ne gouverne pas ».
Un appel à la repentance de l’opposition
Que l’opposition s’incline. Non pas devant le pouvoir, mais devant la vérité. Qu’elle reconnaisse que ses imprécations ont nourri l’inconscience. Que ses refus ont creusé les tombes. Il ne s’agit plus ici d’électeurs, mais de corps. Et même la plus véhémente des critiques ne redonne pas souffle à un enfant enseveli.
Ce n’est plus un débat, c’est une dette morale
Cette opposition doit désormais regarder Mossikro non comme une exception, mais comme un miroir. Un miroir de lâchetés. De populismes précipités. D’incapacité à dire la vérité au peuple, même lorsqu’elle déplaît.
Aristote écrivait : « Ce n’est pas parce que le peuple est ému qu’il est éclairé ».
Et à nous d’ajouter : ce n’est pas parce qu’on crie qu’on sauve.
Il est temps pour ceux qui ont diabolisé les politiques de prévention de ravaler leurs slogans, et de poser une gerbe de silence devant les tombes qu’ils ont contribué à creuser. Aujourd’hui, les véritables épiphanies sont apparues dans la boue, sous les ruines.
La révolte contre les déguerpissements à certains égards , si elle était noble, devient cruelle surtout quand elle prône le maintien dans des cavernes mortelles.
Kalilou Coulibaly Doctorant EDBA, Ingénieur
1 – Société : Eboulement à Mossikro : Le District Autonome d’Abidjan aux côtés des familles endeuillées. Adolphe ANGOUA 