Les Gors appelent L’ONU au secours au secours aujourd’hui.
Il fut un temps-pas si lointain-où le camp Gbagbo s’érigeait en champion autoproclamé de la souveraineté nationale. De 2000 à 2010, toute la rhétorique des « refondateurs » reposait sur un mantra quasi mystique : la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens. À les entendre, toute intervention étrangère, toute coopération occidentale, toute main tendue de Paris, relevait du néocolonialisme pur et simple.
Mais comme souvent chez les populistes à mémoire sélective, les convictions ne survivent jamais à la défaite. Aujourd’hui, dans un retournement digne des plus grandes tragédies comiques, voilà les pro-Gbagbo, les mêmes qui brandissaient le drapeau de la souveraineté comme une armure sacrée, en train d’implorer la France de venir à leur rescousse.
Oui, vous avez bien lu : la France ! Celle-là même qu’ils accusaient hier de tous les maux de l’Afrique.
Dans cette vidéo aussi édifiante qu’ironique, on voit Émile Guirieoulou, dernier ministre de la Sécurité du gouvernement fantoche mis en place après la défaite de Laurent Gbagbo en novembre 2010, vociférer contre la France.
Il est légitime de s’interroger : que reste-t-il de la doctrine « souverainiste » quand elle se dilue dans les appels au secours ?
À quoi bon avoir vilipendé les « valets de l’Occident » si c’est pour leur emboîter le pas, drapés dans l’amnésie stratégique ?
Il ne manque plus que la Marseillaise en fond sonore pour compléter le tableau.
L’histoire retiendra peut-être moins les slogans martiaux que l’inconséquence de ceux qui, au premier vent contraire, renient dix ans de discours pour quelques miettes d’influence. Souverainistes du dimanche, bienvenue au bal des incohérences.
Yacouba DOUMBIA Journaliste.