Côte d’Ivoire : le PIB bondit de 52 821 à 62 924 milliards FCFA en 2025, en hausse de 19,1%



Côte d'Ivoire : le PIB bondit de 52 821 à 62 924 milliards FCFA en 2025, en hausse de 19,1%
La première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a affiché une performance solide sur l’ensemble de l’année 2025, portée par un secteur tertiaire dynamique et une demande intérieure soutenue, selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique (ANStat).
Un cap symbolique tenu
L’économie ivoirienne a tenu bon. En 2025, le produit intérieur brut (PIB) nominal de la Côte d’Ivoire a atteint 62 923,5 milliards FCFA, contre 52 820,7 milliards FCFA en 2024, soit une progression de 19,1% en valeur.
La croissance du PIB réel ressort à 6,5%, de 45 020,6 milliards à 47 930,9 milliards FCFA, confirmant la trajectoire soutenue que le pays maintient depuis plusieurs années.
Une performance d’autant plus notable qu’elle intervient dans un contexte international marqué par des incertitudes persistantes sur les marchés de matières premières et une pression sur les finances publiques de nombreux États africains.
Au quatrième trimestre 2025, la dynamique s’est maintenue, avec un PIB trimestriel nominal de 16 290 milliards FCFA, contre 13 935 milliards FCFA au même trimestre de 2024, soit une hausse de 16,9% en valeur. En volume, la progression atteint 3,4% en glissement annuel.
En variation trimestrielle, la hausse reste modeste, 0,1%, mais elle traduit une stabilisation de l’activité après plusieurs trimestres de forte expansion.
La croissance du PIB ivoirien est supérieure aux estimations des institutions internationales : le Fonds monétaire international (FMI) tablait sur une croissance de 6,4% à 99,21 milliards de dollars (environ 56 402,2 milliards FCFA), la Banque mondiale sur 6,2% à 56 852 milliards FCFA, tandis que la Banque africaine de Développement (BAD) a prévu une croissance de 6,4% en 2026.
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Le tertiaire, locomotive de la croissance
C’est le secteur tertiaire qui a porté l’essentiel de la performance ivoirienne en 2025. Sa valeur ajoutée nominale est passée de 26 989 milliards FCFA en 2024 à 29 736 milliards FCFA en 2025, soit une progression de 10,2% en valeur. En volume, la hausse atteint 6,5% sur l’année, apportant à lui seul 3,3 points de croissance au PIB.
Au quatrième trimestre, la progression en volume atteint 4,0% en glissement annuel contre 0,3% en glissement trimestriel.
Plusieurs branches se distinguent particulièrement. Les activités financières et d’assurance ont vu leur valeur ajoutée nominale passer de 729 milliards à 853 milliards FCFA, soit une expansion de 17,0% en valeur.
Le commerce et les réparations ont progressé de 21,3% en valeur, à 9 660 milliards FCFA, reflétant la vitalité de la consommation intérieure.
Les technologies de l’information et de la communication ont quant à elles atteint 1 070 milliards FCFA, en hausse de 6,1%.
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L’industrie portée par le BTP et le pétrole
Le secteur secondaire a également contribué positivement, avec une valeur ajoutée nominale passant de 13 103 milliards FCFA en 2024 à 15 110 milliards FCFA en 2025, soit une progression de 15,3% en valeur.
Le bâtiment et les travaux publics ont atteint 2 963 milliards FCFA, en hausse de 11,6%, témoignant de l’intensité des chantiers d’infrastructure en cours sur l’ensemble du territoire.
Les industries extractives ont bondi de 35% à 4 237 milliards FCFA, tandis que les industries pétrolières sont ressorties à 767 milliards FCFA (-4,1%).
Au quatrième trimestre toutefois, le secteur industriel a marqué le pas, avec un léger recul de 0,2% en variation trimestrielle, pénalisé notamment par un repli de 10,2% des industries pétrolières et une contraction de 0,9% des industries extractives.
Un secteur primaire en demi-teinte
L’agriculture, pilier historique de l’économie ivoirienne, présente un tableau plus nuancé.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la valeur ajoutée nominale du secteur primaire a atteint 12 654 milliards FCFA, contre 8 377 milliards FCFA en 2024, une hausse de 51% en valeur, largement portée par l’agriculture d’exportation dont la valeur ajoutée a plus que doublé à 6 971 milliards FCFA (+89,2%).
En volume cependant, la progression réelle reste plus modeste.
Au quatrième trimestre, la valeur ajoutée du primaire s’est contractée de 0,4% en variation trimestrielle, sous l’effet d’un recul de l’agriculture d’exportation (-2,2%) et des services annexes à l’agriculture (-2,2%).
En glissement annuel, le bilan reste positif avec une hausse de 1,5% en volume, tirée par la pêche (+10,3%) et l’agriculture vivrière (+4,3%).
L’agriculture industrielle d’exportation, cacao, café, hévéa, a en revanche reculé de 0,9%, un signal à surveiller pour un pays dont les recettes extérieures restent largement tributaires de ces filières.
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Des recettes fiscales en nette amélioration
Signe de la vitalité de l’activité économique, les taxes nettes de subventions sur les produits ont atteint 5 424 milliards FCFA en 2025, contre 4 352 milliards FCFA en 2024, soit une progression de 24,6% en valeur et de 7,5% en volume. Au seul quatrième trimestre, elles ressortent à 1 466 milliards FCFA, en hausse de 25,8% en valeur sur un an.
L’ANStat attribue cette progression à la revalorisation de certains taux d’imposition, à la bonne tenue de l’activité et à une amélioration sensible du recouvrement fiscal, un indicateur clé pour un État qui cherche à élargir l’assiette de ses recettes intérieures.
Des fondamentaux qui rassurent
Avec un PIB nominal de 62 924 milliards FCFA en 2025, la Côte d’Ivoire confirme sa place de première économie de l’UEMOA.
La solidité de la croissance repose sur une base productive diversifiée, même si la dépendance aux matières premières agricoles et au pétrole reste un facteur de vulnérabilité à ne pas sous-estimer.
Pour 2026, les regards se tournent vers la capacité du pays à consolider ses acquis dans un environnement mondial plus incertain, notamment face aux effets potentiels d’une modération des cours des matières premières et d’un resserrement des conditions de financement sur les marchés internationaux.


En 2025, la Côte d’Ivoire a consolidé son statut de poids lourd économique dans l'UEMOA en affichant une performance remarquable, portée par une croissance solide et une expansion rapide de son activité. pic.twitter.com/Bqst2g7FYV
— SIKA Finance (@finance_sika) April 2, 2026
