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Reportage/ Recherche d’emploi : Quand le Sara attire les jeunes diplômés.

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Economie - Reportage/ Recherche d’emploi: Quand le Sara attire les jeunes diplômés.
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Reportage/ Recherche d’emploi: Quand le Sara attire les jeunes diplômés.

Au Salon international de l’agriculture et des ressources animales (Sara), les objectifs varient d’une personne à une autre. Entre expositions et visites, on y trouve aussi des jeunes en quête d’emplois.

Parc des expositions, à quelques encablures de l’aéroport Félix Houphouët Boigny. Il est 11h ce 29 octobre 2023. Après la cérémonie d’ouverture en présence du Président de la République, les places inoccupées suite au départ de son cortège sont recolonisées.

Garés pare-chocs contre pare-chocs, l’attroupement de véhicules donne du fil à retordre aux agents de sécurité ; l’embouteillage sur la voie menant à l’aéroport illustre l’affluence et le beau monde que draine cette 6è édition du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (Sara).

Dans cette grande mêlée d’hommes d’affaires, de responsables d’entreprises, le Sara 2023, c’est aussi une aubaine pour les personnes en quête d’un entretien d’embauche.

Devant des stands à l’instar de celui du groupe Sifca qui est animé par les directeurs des Ressources humaines des différentes entreprises qui forment ce conglomérat, les potentiels candidats font leur show.

C’est avec le costume impeccablement taillé sur mesure et la tête coiffée d’un chapeau de cow-boy, que Marcel attend impatiemment la fin de l’échange de son prédécesseur.

Tous les moyens sont bons pour décrocher un job. CV à portée de main, il tente de faire bonne impression déjà sur le plan vestimentaire avant de jouer son va-tout lors de l’entretien.

Un tournant pour des carrières 

Pour Lanzaré Sidoine Aké, stagiaire-commercial en alternance à Joogoo, une entreprise qui propose des solutions aux agriculteurs pour produire à contre-saison, cette présence au Sara est un défi.

L’occasion de trouver un travail dans sa structure. S’il a son speech bien mémorisé qu’il nous récite par ailleurs avec brio, nous l’interrogeons sur le challenge que représente cet évènement pour sa jeune carrière.

« C’est un test pour montrer ce que nous sommes capables de faire.

C’est ma première fois au Sara. J’étais intimidé le matin, mais ça commence à aller.

Mon objectif ce n’est pas juste de remplir la liste de visiteurs à prospecter mais c’est d’avoir ne serait-ce qu’une proposition », espère-t-il.

Pareil pour Bamba Hakim, diplômé en anglais qui attend toujours un interlocuteur anglophone face auquel ses capacités seront sollicitées. «

Je fais des expériences tout seul pour être sûr de ma présentation en anglais et je trouve ça plutôt bien », indique-t-il dans l’intermède de son coup d’essai.

Pour les employés en début de carrière dans les départements commerciaux, marketing, communications, QHSE, RSE et de relations presses, le Sara est un test grandeur nature.

Responsable du sponsoring et des évènements du groupe Solibra, Kemmeth Guy Claude, est au four et au moulin, ce vendredi.

C’est l’occasion pour lui de jeter ses ‘’protégés’’, dans le grand bain.

Après un briefing, en bon coach, il les rassure de ce qu’il suivra l’échange et qu’il prendra le relais, s’ils perdent le nord.

C’est la stagiaire en communication interne, Marie-Océane Soro qui fait le galop d’essai.

« La Solibra est quand même une grande société. Nous n’avons pas besoin de faire de grande publicité mais nos souhaitons toujours nous rapprocher de nos consommateurs et d’augmenter notre image de marque », nous répond-elle au détour du verre qu’elle nous sert gratuitement.

400 000 visiteurs

Parmi les 400.000 visiteurs attendus sur ces 10 jours, les férus de bières et de spiritueux qui marqueront une halte devant ce stand estampillé du sceau de l’une des plus grandes entreprises du secteur en Côte d’Ivoire auront l’occasion de boire un coup offert par la maison.

« Aujourd’hui le Sara est la vitrine de l’Afrique de l’Ouest après celui de Dakar. Ne pas être présent ici, c’est ne pas exister en Côte d’Ivoire.

Ici nous faisons aussi du B2B avec les autres entreprises présentes. En dehors de nos produits, et des échanges, nous mettons en avant la politique RSE qui est moins connue du public et notre démarche QHSE », indique Kemmeth Guy Claude.

Mais, ce vendredi après-midi, les vedettes ce sont les exposants. Arie Van Wijgert, directeur commercial de Komeco, une entreprise de vente d’engrais organique est venu exposer au Sara.

Derrière cette personnalité sympathique, se dissimule un anglophone. Issu de la délégation du pays hôte de cette 6è édition,

Arie Van Wijgert, est en quête de débouchées commerciales pour écouler ses stocks produits de son pays sur le marché ivoirien après l’Ouganda, le Kenya et l’Afrique du Nord.

Ce sont des produits agricoles. « Nous recherchons des distributeurs mais pas directement des cultivateurs parce que nous souhaitons travailler depuis les Pays-Bas », explique-t-il.

Au jour 1 du Salon, il voit d’ores et déjà le verre à moitié plein.

Le satisfécit se lit sur son visage lorsqu’il souligne avoir échangé avec 3 potentiels partenaires et d’innombrables agriculteurs ivoiriens intéressés par ses produits.

Grande première

A l’instar de Komeco, c’est aussi la grande première de  Solution, tri, manutention, maintenance (Stmm) au Sara, à la différence près que la structure familiale détient une clientèle ivoirienne depuis près d’une décennie.

En dépit de cet ancrage, l’entreprise française a les dents longues.

« Nos clients ce sont des manutentionnaires de cacao, de sucre, etc… nous construisons des convoyeurs à bandes et les tapis roulants.

Nous avons une clientèle régulière mais nous cherchons à nous développer parce qu’il y a beaucoup d’opportunités. Nous avons aussi des rendez-vous sur notre agenda avec des entreprises partenaires », souligne Julien Cheveux, responsable export de la structure, fils du PDG de l’entreprise hexagonale.

Avec la campagne de Cacao qui s’ouvre ce 1er Octobre, la programmation du Sara s’avère parfaite pour les ‘’targets’’ qui sont dans le collimateur de cette entreprise.

Drainer du beau monde

Le stand de Dingui Amangoua, responsable du restaurant Teral est l’un des rares espaces gastronomiques dans la salle VIP du Sara, à proposer des repas. Rompue aux arcanes du salon, la tenancière du stand est loquace lorsqu’il s’agit de présenter son activité.

« Nous proposons tout ce qui est mets africains très bio et écolo provenant du Sénégal et de la Côte d’Ivoire », précise-t-elle.

L’une des spécialités du chef ? Une semoule de maïs jaune accompagnée de lait, en guise de dessert.

Pour les adeptes des repas phares du terroir, la restauratrice fait se lécher les babines avec « du tchep, du choukouya, des braisés et assimilés ».

Pour sa première expérience dans cette loge de haut standing, hors du village du Sara en plein air qu’elle réserve à l’accoutumée, elle a un crédo : l’espoir fait vivre.

« Nous connaissons les foires, c’est très animé les week-ends.

A partir de demain, nous aurons plus de monde et de clients », souligne-t-elle toute optimiste.

Les grandes entreprises

Caracolant en pole position des mastodontes de l’échiquier des entreprises privées sur le territoire ivoirien, le groupe Nestlé a pris ses quartiers dans deux stands au Sara.

Sur son stand VIP, la distribution gratuite de divers produits de la marque dont des tasses de café suscitent un perpétuel engorgement devant la devanture.

Présentation du processus de germination du café dans un bocal puis de la matière première qui en est issue : le café brut. Dans cette loge haute de gamme, le groupe a sorti l’artillerie lourde en termes d’arsenal logistique, pour ce qui est des ressources humaines.

Sur le lieu, la Directrice de la communication institutionnelle et des affaires publiques, Sakho Mame Pane note que cette présence au Sara s’articule autour du ‘‘storytelling’’ de l’histoire de la marque et de sa politique de Responsabilité sociale et environnementale (RSE).

« On a voulu partager avec le public comment est-ce que nous contribuons au thème de cette édition : la sécurité alimentaire sur toute notre chaîne de valeur.

Depuis les matières premières jusqu’au produit fini en passant par la transformation.

Aussi bien en agissant avec les producteurs que les gens des usines. L’objectif c’est que les visiteurs sachent ce qui se cache derrière les produits Nestlé qu’ils connaissent et qu’ils consomment.

Par exemple, le programme de durabilité dans le café et le cacao.

Comment on accompagne et on forme les producteurs à l’agriculture régénératrice, la protection des sols et des forêts.

Derrière chaque produit, il y a une histoire. Vous prenez le café, il y a une histoire, c’est le café ivoirien, transformé en Côte d’Ivoire», explique-t-elle.

Avant d’ajouter :

« Nous sommes une société commerciale.

Donc nos produits sont en train d’être vendus au Sara market.

Mais derrière cette stratégie business, nous évoluons dans un écosystème, un environnement avec ses défis.

Nous regardons donc quel impact nous avons sur l’environnement, quelles valeurs peut-on partager ? ».

Si le pays hôte de cette édition est le Pays-Bas, il n’en demeure pas moins que la diplomatie commerciale a une place de choix.

Pour l’ambassade du Brésil en Côte d’Ivoire, c’est tout l’enjeu. C’est du moins ce que nous confie Koffi Marcelin, agent de cette représentation diplomatique représentée au Sara.

Devant le stand de la Terra de Santa Cruz, ce quadragénaire ne tarit pas d’éloges relativement à l’intérêt d’un partenariat entre des institutions entreprises des deux pays. « La Côte d’Ivoire a tout à gagner avec le Brésil.

Au vu des similitudes géographiques entre nos deux pays, plus de 5 entreprises brésiliennes ont fait le déplacement pour témoigner de leur intérêt à trouver des partenaires ici.

Étant donné que nous sommes au Sara qui est dédié à ces deux secteurs, ces entreprises opèrent dans l’agriculture et l’élevage.

Nous sommes donc dans un élan de partenariat gagnant-gagnant surtout pour aider la Côte d’Ivoire à atteindre l’autosuffisance alimentaire», explique-t-il.

 

Outre les attentistes, qui tablent sur l’exhibition et l’attractivité de leurs articles en vue d’appâter les passants, certaines hôtesses recrutées pour l’occasion ont le marketing dans les veines.

Elles ne rechignent pas à approcher les passants.

Pour certains entrepreneurs qui n’ont pas pu acquérir un stand, le corps-à-corps est privilégié avec la distribution de cartes de visites, de flyers et même des propositions directes de produits.

De toute évidence, le Sara c’est l’occasion pour faire feux de tout bois.

Charles Assagba          NORD SUD

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